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Homélie du Dimanche 07 janvier 2024/ Fête de l’Epiphanie du Seigneur

Chers Pères,

Chers fils séminaristes,

Frères et soeurs bien-aimés,

 Nous sommes déjà bien chargés des kilos de voeux qui nous sont parvenus depuis Noël. Je ne voudrais pas nous alourdir encore davantage. Je voudrais juste faire une prière qui nous ouvre à la réalisation de tous ces voeux. Une année, nous le savons tous, ne sera jamais faite entièrement de succès ni entièrement d’échecs. Il y aura des hauts et des bas, du beau et du moins beau, le blanc de la réussite, le rouge de la souffrance et de l’effort, le violet de la tristesse et des pleurs mais aussi le vert de l’espérance et du renouveau. Ma prière pour chacun de nous ce matin, la voici: Seigneur, accorde à chacun et à chacune de tes enfants assez de force et de foi pour garder le sourire par temps de soleil comme par temps de pluie, par temps de tempête comme par temps de douce brise, par temps de succès comme par temps d échecs, par temps d amitié comme par temps d adversité. Car, quand on y refléchit bien, chaque saison a sa raison d’être.

Dans le prolongement de Noël, nous célébrons aujourd’hui la fête de l’Epiphanie et la péricope proposée pour notre méditation nous peint la visite-adoration des mages à l’enfant-roi qui vient de naître. La littérature patristique et certaines traditions chrétiennes ont attribué à ces mages une origine royale, les réduisant à 3 et leur attribuant des noms: Melchior, Gaspard et Balthazar. L’Epiphanie dit quelque chose de particulier dans la série des manifestations du Christ au monde. Dans la nuit de Noël, les bergers ont été conduits vers le nouveau-né par l’intermédiaire d’un ange qui leur en fit directement l’annonce. Pour les mages, ces sages de culture et de traditions religieuses autres que celles juives, ce n’est pas le cas. C’est par une étoile qu’ils sont arrivés au nouveau-né, en tâtonnant, en cherchant à la lumière de leur science païenne.  

La visite des mages exprime la manifestation de Dieu aux peuples que Israël tenait pour des païens, pour des étrangers. L’étoile est le signe de la présence de Dieu, de la lumière de Dieu dans le coeur de ceux-là qui sont considérés loin de Dieu. Dieu est présent au coeur de tout homme même de ceux qui disent ne pas croire en lui. Grâce à l’étoile, le chemin qui mène vers la crèche de Bethléem est ouvert à tous.  L’Epiphanie peut ainsi devenir l’occasion pour poser un regard plus optimiste sur notre monde, l’occasion pour poser un regard plus positif et plus valorisant les uns sur les autres: les formateurs sur les sujets en formation et vice-versa; l’époux sur son épouse et vice-versa; la consoeur sur l’autre consoeur, etc.. A force de vivre l’usure du quotidien, notre regard finit souvent par se fixer davantage sur le négatif, le moins bon, le moins beau avec le risque de réduire l’autre à ses défauts, à ses erreurs, à ses tâtonnements.

La réalité, largement déformée et amplifiée par une culture de la communication de masse, ne cesse de nous envoyer l’image d’un monde très en crise, d’un monde devenu trop violent, égoïste, méchant. Ce ciel assombri de notre époque, bien souvent, nous cache l’étoile, la petite étoile qui nous indique le chemin de la crèche. Oui le ciel de notre époque est sans doute, et même certainement sombre, mais il y brille beaucoup d’étoiles capables de nous conduire à la crèche, c’est-à-dire, à Dieu. La grande question est de savoir si nous avons envie de bousculer nos habitudes pour courir l’aventure de la recherche, de la découverte, de la nouveauté qui suppose volonté et discipline pour endurer la fatigue et braver les dangers du chemin qui mène vers Dieu. Une étoile peut susciter de beaux rêves; mais un rêve sans plan, sans stratégie, sans engagement, sans volonté n’est qu’un souhait sans lendemain. Nous sommes entrés dans cette nouvelle année avec beaucoup de souhaits. Pour qu’ils deviennent réalité, il sera nécessaire d’y mettre du cœur, de la volonté, de la discipline, de la régularité dans l’effort.  Gardons les yeux fixés sur l’étoile et nous arriverons, même avec nos tâtonnements, nos hésitations, à l’Enfant de Bethléem. Amen Père Bertrand DJOSSOU

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