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Homélie du Dimanche 03 décembre 2023/ 1er Dim. Avent B

Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez !

Chers frères et sœurs,

Ns sommes aux premières heures d’une nouvelle année liturgique. Contrairement aux pratiques ordinaires, l’Église ne nous formulera pas ces vœux que nous connaissons tous : santé (de fer, inoxydable), longévité, succès ou même beaucoup d’argent… même si elle sait que, dans le fond, argent, santé et réussite sont des dons de Dieu bien utiles au quotidien. Mais pour préparer les chrétiens à JC qui vient à Noël et qui viendra à la fin des temps, l’Eglise veut donner à chacun les armes pour veiller afin de ne pas rater ce rendez-vous si crucial. C’est à cela que sert une année liturgique : soutenir la veille pour conduire au ciel. L’année liturgique nous offre les moyens et nous montre les voies pour travailler à notre salut.  En effet, le déploiement d’une année liturgique entière nous rappelle avec insistance et sous plusieurs formes, avec le Christ en clef de voûte, que les réussites humaines restent éphémères et sans grand profit si nous en venons à perdre notre âme : “Et que sent-il à un homme de gagner tout l’univers, s’il perdait son âme ? (Mc 8, 36), s’interrogeait Jésus. On ne le sait que trop : personne ne se fait enterrer avec son argent et sa garde-robe, ses parcelles, ses maisons même avec titre foncier, sa ferme, sa moto ou sa voiture. Nos conjoints, et même nos enfants pleureront probablement à notre décès mais ils ne nous suivront pas dans la tombe ; chacun connaît les raisons de ses pleurs. Le conseil de JC a cet effet est clair et sans ambigüité : “Cherchez d’abord le royaume de Dieu et tt le reste vous sera donné par surcroît” (Mt 6, 33).  

Dans ce sens, comme contribution à notre quête de salut, le message de ce 1er Dimanche de l’Avent (B) est un appel à la vigilance, lancé et renouvelé sous plusieurs formes à travers l’évangile : “Prenez garde”; “restez éveillés”; “veillez donc”; “vous ne savez pas quand ce sera le moment”. Rester vigilant ! J’espère que vous avez déjà expérimenté l’inconfort de la vigilance. On ne sait jamais si on ne l’est suffisamment ni à quel moment on tombe dans la paranoïa. De fait, comment être vigilant ? En quoi consiste la vigilance ? Serait-ce s’empêcher de dormir ? Des textes d’aujourd’hui, nous pouvons retenir trois façons de rester en éveil :

  1. Fuir le péché. 

Ns inspirant de la 1ère lecture, il est important de reprendre conscience que les péchés de nos vies irritent Dieu, nous éloignent de Lui et nous exposent à toutes sortes de déconvenues et de malheurs. Le peuple d’Israël tt au long de son histoire a eu l’occasion d’expérimenter les effets délétères de ses insoumissions et désobéissances à Yahvé. La 1ère lecture décrit l’un de ces moments d’agonie d’Israël. Ils se sont rendu compte que leur situation actuelle de misère, d’exil, de déportation à Babylone est le résultat de leurs inconduites :

“Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi”.

Ici, Israël est encore traumatisé par le choc de la destruction du célèbre temple de Jérusalem et les ravages de l’armée de Nabuchodonosor dans son pays. Combien de gens parmi nous aujourd’hui n’ont pas déjà détruit leur vie à cause d’un péché qu’ils ont même banalisé : un vol, un mensonge, une infidélité à son conjoint, un adultère, une fornication, une calomnie ou toute autre forme de manque de charité…et ils ne s’imaginent pas encore que c’est en ce moment ou à cet événement que remonte la déchéance de leur vie ! Dans le péché, c’est le malin, père du mensonge qui nous attire, nous tend un piège et nous soumet à lui. Et il n’entre dans nos vies que pour voler, détruire, tuer (Jn 10, 10) le projet de Dieu sur nous. Si vous voulez que votre vie ne ressemble plus à rien, s’effiloche entre vos mains, entretenez le mal, la jalousie, la méchanceté, la haine, la rancune…faîtes le mal jusqu’à vous dégoûter vous-même, laissez libre cours au péché, banalisez-le ou courrez au-devant de tous les péchés surtout les plus appétissants ! C’est le chemin le plus sûr de manquer à l’appel à l’arrivée de Jésus déjà à Noël ou à la fin de notre vie.

  • La deuxième forme de vigilance qu’on peut tirer des textes de ce jour, c’est redécouvrir Yahvé Dieu comme notre Père et notre Rédempteur.

Comme il est fécond sur tous les plans de savoir que Dieu est notre Père et que nous sommes son fils ou sa fille, que nous comptons pour lui, qu’il veille sur nous, prend soin de nous et prépare notre avenir : “Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés” Lc 12, 17. Comme c’est épanouissant sur cette base de développer envers Dieu notre confiance et abandon de fils qui se savent dans les bras de leur Père !

Quel regard et quel type de relation avons-nous avec Dieu ? Quelle idée avons-nous vraiment de Dieu ?

Relevons 2 caractéristiques de Dieu dans la 2è lecture : il est un Dieu provident qui nous comble de grâces au-delà de nos espérances : “En JC…vous avez reçu toutes les richesses…aucun don de grâce ne vous manque” La 2è caractéristique de Yahvé apparaît aussi comme un Dieu fidèle : Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, JC notre Seigneur. Vous ne trouverez jamais quelqu’un d’aussi fiable pour vos vies… La 1ère lecture, dans sa conclusion, présente, quant à elle, Yahvé comme le Potier et nous l’argile. Notre conception de Dieu est décisive pour établir de justes et épanouissantes relations avec Dieu. Yahvé est le potier de notre existence ; nous, nous sommes l’argile. En avons-nous conscience ? Ne tentons-nous pas d’inverser les rôles, nous transformant en potier, indiquant à Dieu comment il doit nous façonner et en quoi il doit nous transformer ? Bien des fois, nous voulons apprendre à Dieu son métier de Potier et son rôle de Père. Quelle prétention ! Du coup, nous cessons d’être fils et nous en perdons les privilèges…

  • Action de grâce

Comme 3è mode de vigilance, adoptons l’attitude que Paul recommande aux Corinthiens et qu’il formule ainsi : “Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu. …Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur JC. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.

Nous savons-nous si riches et si comblés ? Si la louange ne sort pas spontanément de nos vies, c’est que nous ne savons pas ce que nous avons reçu et qui nous sommes en Dieu.

Indépendamment de nos circonstances particulières, le simple fait d’être disciple du Christ, nous donne des raisons suffisantes de louer et de bénir le nom du Seigneur. Et l’on sait que cette disposition à la louange déclenche la puissance de Dieu.

Un auteur du XVII è siècle écrivit : “Si quelqu’un prétendait vous indiquer le chemin le plus court et le plus sûr qui conduit au bonheur et à la perfection, il devrait vous conseiller, comme règle de vie, de remercier et de louer Dieu pour tout ce qui vous arrive. Car il est certain que, quelle que soit l’adversité rencontrée, vous la transformerez en bénédiction et remercierez Dieu pour cette épreuve.” William LAW.

Chers frères et sœurs

Qui de nous veut-il se faire surprendre par ce jour qui vient toujours à l’improviste et toujours plus tôt que prévu ? Le Seigneur vienne au secours de notre faiblesse.

Fructueuse année liturgique !

P. Patrick BADOU, PSS

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