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Méditation du mercredi 27 Avril 2022/2ème semaine de Pâques (AC 5,17-26 ; Ps 17, 50 ; 21,23 ; Jn 3,16-21)

Filles et fils bien aimés de Dieu,

L’extrait des Actes des Apôtres que nous venons d’écouter relate un miracle comme la plupart des textes que nous avons, ces jours-ci, écouté en première lecture. Tout laisse croire qu’au début de l’Eglise, les disciples du Christ manifestaient une puissance extraordinaire qui semble avoir disparu au fil du temps.

Nous avons déjà, sans doute, été confrontés aux questions de certains fidèles qui veulent comprendre pourquoi l’Eglise Catholique ne fait plus de miracles, ou plutôt, ne fait plus beaucoup de miracles comme aux origines. Nous-mêmes nous sommes peut-être posés la question. Sans avoir la prétention d’une réponse à la préoccupation, je voudrais que nous nous y arrêtions brièvement pour notre méditation de ce matin.

Les miracles dont il est ici question viennent-ils de Dieu ou des hommes ? En clair, est-ce Dieu qui fait les miracles ou ce sont les hommes ? Il faut évidemment répondre, comme l’attestent les Ecritures, que c’est Dieu qui fait les miracles, directement ou à travers les hommes.

En Dn 3, 15-18, à la question de Nabuchodonosor, « quel Dieu pourra vous sauver de ma main », Shadrak et ses compagnons répondent : « si notre Dieu veut, il nous délivrera ; et même s’il ne le fait pas, nous ne te servirons pas ». Les trois jeunes exprimaient ainsi leur conviction selon laquelle c’est Dieu qui décide de l’opportunité d’un miracle et ce dernier ne peut conditionner la fidélité à la foi. Dans la même ligne d’idée, 2 P 1, 21 affirme : « la volonté humaine n’a jamais porté une prophétie, c’est portés par l’Esprit saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu ».

Dans la logique de notre foi, les miracles sont des signes dont l’objectif est d’engendrer à la foi ou de la soutenir. Dieu peut juger qu’il y a déjà suffisamment de miracles susceptibles de conduire à la foi ou de la soutenir, renonçant à l’initiative de nouveaux miracles qui risquent d’être des miracles de plus.  En Mt 12, 38-39, aux scribes et aux pharisiens qui lui demandaient de faire un miracle, Jésus répond : « En fait de signe, il ne sera pas donné d’autre signe que celui du prophète Jonas ». Jésus a estimé que le signe de Jonas était suffisant pour engendrer à la foi ou la soutenir : tout nouveau signe était donc inopportun, au moins à ce moment-là. Dans la Parabole du pauvre Lazare et du riche, à ce dernier qui demandait d’envoyer quelqu’un de chez les morts pour aller convertir ses frères, Abraham répond : « Ils ont Moïse et les prophètes ». Il était donc inutile de ressusciter un mort pour que les frères du riche se convertissent.

Dans la logique de ce qui précède, on peut penser que l’Eglise Catholique actuelle, riche de plus de 2000 ans d’histoires, a suffisamment de miracles à son actif pour que Dieu les multiplie encore comme aux origines.

On a souvent évoqué l’infidélité, le manque de foi et de ferveur des ministres de l’Eglise ou de leurs fidèles pour expliquer la dite rareté des miracles dans l’Eglise catholique. Ce n’est pas exclu : les dogmaticiens pourront nous l’ expliciter  mais nous ne devons pas oublier que Jean Baptiste, le plus grand des enfants de l’homme n’a jamais fait de  miracle ( Cf. Jn 10, 41).

Aujourd’hui, de plus en plus de catholiques, toutes catégories confondues, aspirent à relever le défi de ladite rareté des miracles dans l’Eglise, à travers un puissant ministère de guérison ou d’exorcisme. Si défi il y a, est-ce le nôtre ou celui de Dieu ?

Ainsi énoncée, la problématique est peut-être mal posée mais l’essentiel du message est un appel à un discernement toujours plus éclairé et toujours plus nourri de foi pour  ne pas réduire Dieu à un faiseur de miracles. Dieu n’est pas un magicien. Il n’est pas non plus un fauteur de troubles.

De fait, les miracles sont des exceptions aux lois divines qui régissent la création et les créés. Voilà pourquoi les miracles sont des manifestations extraordinaires. Si l’extraordinaire devient ordinaire, si l’exception devient plus fréquente que la règle, sommes-nous encore dans l’ordre des choses ?

Que l’Esprit-Saint nous éclaire davantage sur la question. Amen.

P. Samson AMOUSSOU

Commentaire (1)

  1. Répondre
    OGBONI Richard says:

    C’est un bon développement. Cette question revient quotidiennement dans les débats entre les chrétiens. Je crois que le père a fait un bon développement

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