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La Grotte mariale du Séminaire Saint-Gall de Ouidah

Laissons parler l’un des témoins de cet événement.

« Femme, voici ton Fils. Et au disciple voici ta mère » :

Saint-Gall et Notre Dame des pauvres

Lorsqu’on évoque la mémoire de Monseigneur PARISOT, que ce soit comme recteur du séminaire, ou comme Archevêque de Cotonou, la triade Crux, Hostia, Virgo qui conclue son testament s’impose comme clef essentielle de lecture de sa vie spirituelle et de la fécondité de son ministère. Nous ne voulons pas nous y arrêter ; mais en les évoquant, nous voulons faire remonter à sa personne l’histoire d’amour qu’il y a entre le séminaire Saint-Gall et la Vierge Marie au point qu’on peut dire que le séminaire Saint-Gall est un séminaire marial.

La foi nous enseigne et nous croyons que Marie a joué un rôle actif dans la consécration du Christ lui-même. Il a reçu d’elle cette vie humaine qu’il a consacrée en l’assumant. Comme servante du Seigneur, Marie a fourni au Fils de Dieu la matière vivante de sa consécration. C’est en cette humanité qu’il devint prêtre et victime, qu’il est consacré comme tel. Personne n’a jamais été et ne sera jamais uni au Christ Fils de Dieu comme le fut celle qui l’accueillit par la foi, le conçut, le porta dans son corps puis dans ses bras, le nourrit de son lait et de sa parole, le fit grandir par ses soins maternels et ménagers, et par sa tendresse. Personne n’a aimé Jésus prêtre comme Marie, n’a été aimé de lui comme Marie. Comment Marie ne dira pas à ses enfants, à tous ceux qui, depuis le vendredi Saint, ont accepté à l’invitation de Jésus en croix de la prendre pour mère (Jn 19, 26-27) d’aller vers son Fils ? Ce que Marie est naturellement, c’est cela que les séminaristes appelés au sacerdoce se préparent à être : des serviteurs. Personne mieux que Marie ne pourra les soutenir sur ce chemin d’apprentissage du service de Dieu et de l’Eglise. On pourrait même dire que Marie a totalement, et irrésistiblement adopté les séminaristes.  Elle protège leur vocation, les éveille à l’amour de Dieu et de l’Eglise et les accompagne sur la route de Dieu et des hommes, C’est ce qu’exprime le Saint Père dans cette prière conclusive de l’exhortation apostolique pastores clabo vobis.

 « Mère de Jésus Christ, tu étais avec lui au début de sa vie et de sa mission, tu I ‘as cherché, Maître parmi la foule, tu l’as assisté, élevé de terre, consommé pour le sacrifice unique éternel, et tu avais près de toi Jean, ton Fils,  accueille les appelés du Seigneur, lors de leurs premiers pas sur leur chemin, protège leur croissance, accompagne dans la vie et dans le ministère ceux qui sont tes fils, ô toi, Mère des prêtres ! » Amen !   

Ce qui est confié à cette Mère très aimante, aimée de Dieu, n’est jamais perdu, et ceux qui en font l’expérience n’en sont point déçus. C’est pour matérialiser ce lien entre le séminaire et      Marie, et aider les séminaristes à cultiver chaque jour cet amour de Marie, cette complicité entre Marie et les futurs prêtres qu’ils sont, que l’idée de la présence d’une grotte à Saint-Gall naquit, fit son chemin pour devenir réalité le 7 Octobre 1992, date de son inauguration et de sa bénédiction. Ce projet fut porté pendant sept (7) années par le corps professoral le père Vincent ADJADOHOUN étant alors recteur. Les travaux de la construction et de l’installation ont été effectués grâce à l’action conjuguée de Monseigneur René Marie EHUZU, alors économe du séminaire et de Monsieur KOUTON, laïc engagé. Si le premier a offert la statue de la Vierge, Notre Dame des pauvres (On pourrait croire qu’il y a une histoire particulière qui est attachée au choix de ‘’Notre-Dame des pauvres” comme statue de la grotte. En fait, il n’en est rien. Le but visé était d’avoir une statue de Marie qui servira à la construction de la grotte comme expression de la piété des séminaristes envers Marie, Le sort tomba sur “Notre Dame des pauvres ; qui est apparue à Banneux en 1932 au sud de la Belgique. C’est une invitation à nous dépouiller de nous-mêmes, de tout ce qui nous encombre, ce qui fait écran à la grâce de Dieu afin que la Vierge pauvre nous enrichisse de la richesse de son Fils Jésus. II y a deux statues de Notre Dame des pauvres au Bénin. La deuxième se trouve dans la ville historique de Ouidah. Elle a été offerte par te père René Marie EHUZU, alors professeur et économe au grand séminaire de Ouidah. Le père DOMAS, prêtre de la société des missions africaines était en ce temps recteur de la Basilique Notre Dame de L’Immaculée conception de Ouidah.), le second offrira la quasi-totalité des investissements financiers. Les travaux ont pris fin pendant les grandes vacances de 1992. Il fallait attendre la rentrée d’octobre pour la bénédiction et l’inauguration. Cette rentrée coïncida avec l’arrivée du nouveau recteur Monseigneur Paul VIEIRA en provenance du petit séminaire Saint Joseph d’Adjatokpa où pendant 10 ans il s’est acquitté de la même tâche : la formation des prêtres. C’est à lui qu’il revenait d’inaugurer la grotte. Le 7 octobre, fête de Notre Dame du rosaire, fut choisi pour la circonstance. Ce fut aussi la date du démarrage des cours après la retraite du début d’année. Par délicatesse, le recteur laisse le soin à l’économe, Monseigneur EHUZU, témoin et acteur principal de cette œuvre, de présider l’Eucharistie d’action de grâce au cours de laquelle la bénédiction et l’inauguration furent faites. Cette grotte fait actuellement la fierté du séminaire et de tous les séminaristes. Elle nous sert de lieu de dévotion mariale personnelle, communautaire ou par petit groupe. Nous y célébrons aussi l’Eucharistie à l’occasion des solennités de Marie.

Père Justin AGOSSOU-KPEVI p.s.s

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