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Homélie du Dimanche 26 Novembre 2023/ 34ème Dim Ord. A/ Christ Roi de l’univers

Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, je vous souhaite bonne fête du Christ-Roi de l’Univers !

C’est effet, l’évènement liturgique que nous vivons en ce dernier dimanche du Temps ordinaire. Historiquement, c’est le Pape Pie XI qui institua cette solennité du Christ-Roi par la lettre encyclique Quas Primas du 11 décembre 1925. Devant l’apostasie générale des nations de la laïcisation tous azimuts des Etats au XXème siècle, le Pape Pie XI voulut affirmer, d’une manière publique et officielle, que Jésus, Roi des individus, des personnes, est aussi le Roi des sociétés ; car la religion n’est pas seulement une question personnelle, à gérer strictement dans la sphère privée, mais aussi une question sociale. Et comme cette apostasie universelle provient surtout de l’ignorance, de la méconnaissance des prérogatives royales du Christ, le Souverain Pontife institua cette solennité placée maintenant au dernier dimanche du Temps Ordinaire, à la fin de l’année liturgique. Il affirmait à juste titre qu’« une solennité annuelle à plus d’efficacité pour instruire que tous les documents même les plus graves du Magistère ecclésiastique » !  

Et il avait raison, le Saint Père ! voyez comment, tout au moins dans notre pays le Bénin, la piété populaire s’est saisie peu à peu de cette réalité et cette vérité théologique, en manifestant publiquement en adoration et sa soumission à Jésus-Christ-Roi, dans de grandes processions du Très-Saint-Sacrement, organisées un peu partout sur nos paroisses. Même si cette piété spontanée a besoin d’être mieux encadrée liturgiquement pour ne pas créer la confusion avec la solennité du Très-Saint-Sacrement au mois de juin, il faut reconnaitre que c’est une coutume très louable pour manifester et rappeler à tous, individus et sociétés, que tous nous devons nous soumettre à la royauté du Christ.

Effectivement, Jésus-Christ le Verbe incarné, possède, comme Fils Unique du Père et comme Chef et Rédempteur des hommes, les pouvoirs royaux, c’est-à-dire, le pouvoir législatif, le pouvoir coercitif (de sanction) et le pouvoir judiciaire, à l’égard de tous les peuples et nations comme à l’égard de chaque personne. Les lectures de ce dimanche montrent tous ces aspects du pouvoir royal de Jésus-Christ mort et ressuscité, toujours vivant.

Le Seigneur Jésus est donc Roi, Souverain de toute la terre, à qui nous devons honneur, gloire et soumission ! Mais Il n’est pas un roi tyrannique, lunatique ou ombrageux… Il est le Roi de paix, doux et humble de cœur, le Roi à genoux lavant les pieds de ses apôtres, ses amis, le Roi serviteur, l’Agneau immolé, le Bon Berger, Celui qui donne sa vie pour ses brebis afin qu’elles l’aient en abondance (Jn 10,10) ; c’est le Roi de justice, qui viendra “juger les vivants et les morts, comme nous le dirons dans le Credo tout à l’heure, et son règne n’aura pas de fin”. Il reviendra nous juger sur l’amour, sur ces choses extrêmement simples du quotidien, qui sont à la portée de tous : donner à manger à l’affamé, à boire à l’assoiffé ; accueillir l’étranger (c’est vrai que maintenant, de plus en plus, nous avons peur de l’étranger, et pire nous nous méfions du frère !) ; habiller celui qui est nu, visiter le malade ou le prisonnier. Voyez-vous-mêmes, ce sont de très vieux, très anciens préceptes ; on les rencontre déjà dans l’Ancien Testament, et même dans les maximes préchrétiennes ! Et pourtant, ils restent dramatiquement d’actualité, une actualité qui durera jusqu’à notre mort et le jugement dernier. Le Christ-Roi auquel nous rendons, à raison, des hommages publics, écoutons-le nous parler de son retour, soyons attentifs et imitons-le. Brebis blessée, tu es soignée ; égarée, tu es recherchée ; affamée, tu es nourrie de la nourriture même des anges : son corps et son sang ; fatiguée, tu es portée sur les épaules, et quelles épaules ! Brebis bien portante, tu es gardée, encouragée, choyée. Tu vois quels soins t’entoure le Roi des Rois ? Il en témoigne Lui-même dans les Saintes Ecritures, et Il ne peut ni se tromper, ni nous tromper ! Alors la réponse à notre Roi, c’est de faire comme Lui, dans la douceur, le détachement, l’humilité et une attention exquise et inventive les uns envers les autres.

Il reviendra donc nous demander compte de ces petites choses que nous aurons faites (ou pas) au plus petits d’entre ses frères. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas été prévenus ! Sinon, nous serons non seulement des mauvais disciples et des faussaires, mais des menteurs ; et nous aurions pour roi le père du mensonge avec qui nous irions subir le châtiment éternel. Que le Roi des rois lui-même nous garde. Amen

Père Macaire THON

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